Un enfant oui… mais un enfant de toi !

Un enfant oui… mais un enfant de toi !

Un enfant oui… mais un enfant de toi !

J’ai 25 ans et je suis mère de trois très jeunes enfants. Trois enfants, trois césariennes et une ligature des trompes.

« Madame, vous risquez votre vie si vous portez un autre enfant. »

Je suis là, allongée, à demi consciente, le ventre ouvert d’avoir donné la vie ainsi et non pas comme une femme « normale ».

Les bras écartés, j’ai à peine pu voir et sentir ma fille et cet obstétricien me conseille d’accepter la ligature de mes trompes et par la même, me condamne pour l’éternité à ne plus JAMAIS porter la vie. 

Je suis épuisée, j’ai besoin de repos, de fermer les yeux, de pleurer aussi ce stress qu’est une césarienne, alors j’ai fais oui de la tête.

Que dire d’autre à ce moment là ?!

C’est ce moment là qui est important, parce que dans le moment présent, ce soir pendant que j’écris ces lignes et avec le recul, ça aurait été un grand non.

Non tu ne décideras pas à ma place.

Non et tu me donneras du temps et de l’espace pour y réfléchir avant.

NON, NON et NON.

Mais voilà, j’ai 25 ans, j’ai le ventre ouvert sur une table froide et je rêve juste de dormir et j’ai accepté.

Et la vie reprend doucement son cours avec un enfant de plus.

Alors oui, j’ai choisi d’avoir mes trois enfants très rapprochés. Oui je les ai désiré tous les trois et je referais de même aujourd’hui ; mais c’est épuisant.

Trois césariennes, c’est épuisant.

Oui je culpabilise de ces césariennes et de ne plus me sentir une femme parce que je ne peux plus donner la vie. La créer, la porter, la sentir grandir et bouger en moi.

Et la voir dans les yeux de mes bébés lorsqu’ils sont nés.

Les années passent et puis l’envie commune d’avoir un autre enfant, un dernier, un quatrième.

Une visite chez UNE gynécologue (puisque dixit l’obstétricien qui m’a ligaturé, rien n’était irréversible), et là c’est la douche froide, glaciale même.

  • Il faut savoir que pour enlever les clips de ligature, il va falloir pratiquer une microchirurgie, me dit-elle.
  • D’accord…
  • Mais cela n’est pas sans conséquence, vous avez de très gros risques de faire une grossesse extra-utérine puisque vos trompes ont été abîmées par la ligature. 
  • Ah…
  • Et puis, vous avez quand même trois enfants, de quoi vous plaignez-vous ?!
  • … 

Mais je t’emmerde Madame, de quel droit te permets-tu de me juger ?

J’ai le droit d’avoir envie d’un autre enfant, je n’ai pas à me justifier, ni à me flageller parce que j’ai eu la grande chance de pouvoir avoir mes trois enfants quand d’autres ne peuvent pas en porter.

C’est un coup de massue. Un de plus à mon état de femme.

Tu n’es plus une femme ma fille !!!

Alors, je retourne à ma vie de mère, de mère de trois enfants et c’est déjà pas mal.

Ma vie s’écroule en 2014 …  et reprend doucement avec LUI.

Et il y a plusieurs mois, plusieurs prédictions me parlent d’un autre enfant à venir, un petit garçon.

Celles-ci me ramènent 25 ans en arrière, ma petite dernière a quatre mois lorsqu’une amie me dit : tu auras quatre enfants.

Un autre enfant ? A plus de 50 ans ?

D’aucuns diront que je suis folle, et alors ?! …

Un autre enfant, oui je le veux mais un enfant de toi.

Quoi ? Mais de quels détails allez-vous me parlez ?

Ma ligature ? Mon début de ménopause ?

Oui des détails, c’est bien ce que je dis.

Les miracles existent et je crois aux miracles de la vie.

Etre femme avec toi, une femme libre, sauvage et amoureuse avec toi.

Pour porter la vie, la tienne et la mienne réunies dans les yeux de ce bébé.

Alors un enfant ?

Oui mais un enfant de toi !

Jâm – août 2017